La start-up française a développé une technologie, calquée sur le principe du lien hypertexte, qui permet d’insérer des publicités cliquables dans les vidéos diffusées sur le Net. Le service s’adapte aussi au support DVD et lorgne la télévision.
L'agence de marketing interactif IDSide, créée en juin 2006, propose une nouvelle façon de monétiser l'audience des vidéos en ligne : y insérer des éléments cliquables qui dirigent l'internaute vers des publicités. «L'objectif est d'enrichir la vidéo avec des publicités à la demande, non intrusives» explique Romain Cayla, fondateur de la société à ZDNet.fr.
«Nous venons de signer avec notre premier client : la société TelFrance qui produit la série Plus belle la vie diffusée chaque soir sur France 3», annonce Romain Cayla.
Sur la démonstration diffusée en ligne, l'internaute peut ainsi cliquer sur le chemisier de l'actrice ou encore sur la bouteille de parfum pour obtenir des informations et le prix de chaque article. Un lien est aussi disponible pour diriger l'internaute vers le site marchand de l'annonceur.
Le groupe L'Oréal a également utilisé la technologie d'IDSide pour son site dédié au
festival de Cannes. Baptisée PubInteractive, elle a été développée conjointement avec le laboratoire de l'université de Grenoble. Le projet a bénéficié d'un soutien de 150.000 euros de la part de l'INPG (Institut national Polytechnique de Grenoble).
Négociation avec Endemol
IDSide ne dispose pas encore de brevets sur cette technologie, qui devrait être définitivement validée en septembre. «Nous aurons alors trois possibilités: acheter la propriété du logiciel, acheter une licence exclusive, ou une licence basique.» détaille Romain Cayla.
Le modèle économique, en revanche, est bien défini: IDSide propose la création de campagnes interactives aux annonceurs, pour introduire des éléments cliquables lors de la diffusion de séries télé sur internet. L'agence est actuellement en négociations avec Endemol et Marathon, respectivement producteurs de la Star Academy et de la série Sous le soleil.
«Nous proposons aussi de gérer des catalogues vidéo interactifs qui permettent aux annonceurs de proposer, sur leurs sites, des vidéos cliquables renvoyant directement à leur catalogue produits». précise Romain Cayla. IDSide prélève un pourcentage sur chaque contrat annonceur signé, pour le compte des producteurs de contenus.
L'Eldorado d'une communication vidéo interactive
IDSide a aussi collaboré avec la maison de postproduction TVS, pour appliquer sa technologie à l'univers des DVD. Ainsi, les éléments de bonus peuvent être accessibles à tout moment, d'un simple clic, au cours du visionnage de la vidéo. Un premier pas vers une application directe à la diffusion télévisuelle? «Nous sommes prêts pour aller sur ce secteur», confirme Romain Cayla. Encore faut-il que la réglementation et le CSA autorisent le placement de produits à l'antenne.
Car c'est ce modèle qui s'annonce le plus prometteur, souligne Mary Beth Kemp, analyste senior Marketing & Strategy chez Forrester. «L'objectif est de donner au consommateur un peu plus de contrôle dans un contenu à la demande: c'est un peu l'Eldorado d'une communication vidéo qui devient interactive», note-t-elle. «La magie, c'est que cela fonctionne sur le même principe que pour le lien hypertexte placé dans une page web: l'utilisateur peut regarder l'image et cliquer sur un élément s'il souhaite plus d'informations.»
Au départ, la technologie Flash était utilisée pour la vidéo, mais désormais, avec des technologies plus avancées, cette approche marketing va devenir vraiment intéressante sur la télévision, estime l'analyste.
D'autres sociétés sont déjà sur le même créneau qu'IDSide: l'agence française Mediagong propose une solution similaire, tandis que Microsoft peaufine une technologie pour la télévision dans ses laboratoires, de même que Tandberg, filiale du groupe Ericsson.
«Les spécialistes du marketing et les annonceurs sont particulièrement intéressés par cette technologie, car elle permet de contourner le problème posé par les enregistreurs numériques», poursuit Mary Beth Kemp. «Grâce aux vidéos cliquables, ils disposent toujours d'un point d'entrée vers le consommateur, même si les publicités classiques ont été zappées.»